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16/04/2017

Esprit Rando: Les pèlerins se préparent pour St-Jacques de Compostelle

"On ne prend pas le chemin de St-Jacques de Compostelle; C’est lui qui vous prend !" exit un pèlerin

sur le chemin de compostelleLe chemin du Puy-en-Velay, la via Podiensa, jusqu à Santiago en Espagne, fait 1600 km, le plus ancien chemin remontant à mille ans. Amis pèlerin, il vous faudra faire plus de 2 millions de pas,  mettre 500 à 700 heures, selon votre rythme, admirer 60 à 70 lever de soleil ! Bien chaussé, sac à dos et bâton de pèlerin en main, vous êtes fin prêt pour cette aventure ? Je vous la souhaite très belle !

La nature traversée y est magnifique. Le chemin est balisé - prendre le GR 65, bien équipé en gîtes d’étapes. Le chemin est parsemé de petites églises qui sont de merveilleuses haltes de prière. En partant du Puy jusqu’à Conques, au détour d’un hameau, j’ai croisé ce jeune couple de Néerlandais avec leur petite fille de huit mois, appelée “Meer”. Nous nous sommes croisés, perdus de vue, puis retrouvés au gîte de St-Privat d’Allier. Chemin faisant, on s’est retrouvé au bistrot de Monistrol d’Allier boire un café.

sur le chemin de compostellePuis à St-Chély pour un copieux petit déjeuner avant de reprendre le chemin...
En suivant les étapes du GR 65 - bandes blanche et rouge - nous sommes passés, après St-Privat, par Saugues, le Sauvage, Saint-Alban de Limagniole, Aumont-Aubrac, Nasbinals,  St-Chély d’Aubrac, Espalion, Estaing, Golinhac et Conques. Tel a été notre périple. Cette fois-ci, j’accompagne Annie, ma voisine de palier. En poche notre “Credential del Pelegrino”; ce passeport tamponné à chaque étape justifie notre état de pèlerin tant en France qu’indispensable en Espagne. Le chemin au rythme de mes pas… Les pèlerins partent de toute l’Europe, mais aussi du Japon, du Canada, du Surinam, d’Australie, des Etats-Unis et d’ailleurs... On met ses pas dans les pas des pèlerins qui nous ont précédés. Quelles que soient nos motivations, on retrouve dans toute l’histoire humaine, de toutes les religions, cette démarche universelle.

sur le chemin de compostelleOn quitte sa famille, ses amis, son travail ne perdant son statut social et ses références. Le pèlerin prend conscience de lui-même, de ses limites et apprend parfois à se dépasser.

On emporte l’essentiel sur notre dos, on se désencombre de l’inutile et du superflu. En chemin, on goûte le silence, la paix et la beauté de la création du Divin.

Chemin de souffrance et d’espoir, cette marche est une école de patience. L’image de notre propre vie. Chaque jour il faut avancer avec courage, bourdon en main, sac à dos bien calé, bien chaussé, gourde d’eau, poncho pour la pluie, on est fin prêt pour le chemin. Ne pas oublier la coquille Saint-Jacques sur le sac à dos !

sur le chemin de compostelleTraversée de l’Aubrac Le chemin n’est pas toujours facile, je dirais même que les deux premières étapes sont particulièrement éprouvantes pour les genoux. Les décentes sur la caillasse, escalader les blocs de pierre et les raides montées mettent à rude épreuve nos articulations et nos tendons!

C’est aussi cela faire le chemin...Quelle belle récompense lorsque nous traversons les plaines de l’Aubrac. L’Altitude passent de 980 à 1420 m. Où que porte notre regard, l’immensité est en fleurs. Au loin les troupeaux paissent dans les près. Ce jour là pourtant, l’air était plus vif que d’habitude. Un vent glacial et une pluie fine nous ont accompagnés toute la journée et le lendemain. Nous avons eu vraiment très froid ! On marche seul dans sa tête, dans le silence, sur fond de gazouillis des oiseaux. A cet ultime instant, une joie immense envahit tout mon être. Je suis en paix avec moi-même ; c’est peut-être cela... La clé de notre quête ?
 
sur le chemin de compostelleHistoire d’une cabane En traversant un bois, j’ai retrouvé la cabane construite par une jeune femme en 2004. Elle vivait là avec son âne et son chien, pour lesquels, elle avait construit un abri de branches et le toit recouvert de mousse. Une mousse qui se fixe bien sur les branchages de la toiture. Je me souviens qu’elle avait laissé un message “ je suis au village avec mon âne, je reviens”. Les pèlerins écrivent un mot sur son cahier, qui des fruits, biscuits et même un peu d’argent. Cette année, la cabane est vide, la jeune femme a pris sans doute un autre chemin...

sur le chemin de compostelleConques, haut lieu de la Foi sur le chemin de Compostelle Nous sommes arrivés à Conques, passant par le pont des pèlerins*, puis la Porte du Barry ; les pavés devenaient douloureux à nos pieds déjà meurtris. Bourdon en main, le sac à dos se faisait lourd à l’approche de l’Abbaye Sainte-Foy, où en 2004 j’avais séjourné deux jours, cette fois-ci, je souhaitais partager ce moment avec mon amie Annie. Après l’effort, la récompense était là… Chez les Prémontré où les Hospitaliers nous ont merveilleusement accueillis, souriant, généreux.

Épuisée par notre périple, soudain, la fatigue avait, comme par enchantement, complètement disparu. Une belle chambre nous attendait, après une bonne douche, remplacé les chaussures de rando par des tongs, la visite du village pouvait commencer !

sur le chemin de compostelleConques est un bourg médiéval qui abrite un monument majeur du patrimoine architectural sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle. Ce trésor de l’an mille, miraculeusement préservé des vicissitudes de l’histoire, mérite toute notre attention.  En effet, l’abbatiale de Conques* abrite sous les voûtes séculaires, un trésor incomparable de sculptures romanes – quand on débouche sur le parvis, on peut admirer le tympan du Jugement dernier et les vitraux de Pierre Soulages (peintre contemporain aveyronnais connu pour ses œuvres dans le monde entier). Mais également des œuvres d’art qui comptent parmi les plus anciens et les plus beaux chefs d’œuvres du Moyen Age. Venu se greffer autour de ce patrimoine architectural le monastère des Frères Prémontré qui accueille les pèlerins.

sur le chemin de compostelleÀ la nuit tombée, sur le parvis de l’Abbatiale, un Frère Prémontré explique, avec beaucoup d’humour, le foisonnement des personnages et la diversité des scènes du tympan. Ensuite, nous assistons à la prière des pèlerins, et terminons la soirée par un concert de pianos par un Frère Prémontré. Ce fut un moment de recueillement, de force, de foi. Un moment de grâce qui nous laisse sans voix, mais avec un grand bonheur dans le coeur. A l’Abbaye de Sainte-Foy, nous étions plus de cent pèlerins à partager un copieux repas non sans avoir partager le chant des pèlerins « Ultreia » ! Une sacrée ambiance, avec en plus, le sourire et la gaîté des Hospitaliers. Merci à tous.

* Le pont des pèlerins et l’Abbatiale sont inscrits au Patrimoine Mondial de l’Unesco

Le lendemain matin, au bistrot de la place, j’ai retrouvé notre jeune couple et leur bébé.Après un copieux petit-déjeuner, nous nous sommes séparés sur un “au revoir”; un “Ultreia” chant du pèlerin. Puis chacun est parti sur le chemin. 

sur le chemin de compostelleOui, quant on a quitté le chemin, le chemin continu dans la tête. Depuis mon retour, je pense souvent à toutes ses belles rencontres, à une jeune anglaise, aux “tamalou” et tous ceux avec qui nous avons échangés un instant de réel et grand bonheur.
 
 
 
Parfois, la force de notre foi nous fait franchir des montagnes... 2004 sur le chemin, en traversant l'Aubrac, j'ai été prise de très sur le chemin de compostelleviolentes douleurs à la tête; le chemin s'est arrété avant St-Jean Pied de Port. De retour à la maison, IRM, tumeur au cerveau, après l'intervention (Merci au Pr.N.Aghakami et toute son Equipe Neurochirurgie de KB)  je me suis retrouvé sur un fauteuil roulant, une longue rééducation (St-Foy Merci Toubib, Merci les filles), il m'a fallu ré-apprendre à parler, à écrire, à marcher. 3 ans plus tard je suis repartie sur le chemin... Avec beaucoup d'émotions !
Texte et photos by johanna Van MEEL-SAUZET

05/09/2015

Vendanges à la main pour un nectar de choix !

Depuis l'ouverture des vendanges, notre région l'Hérault, on assiste à un incessant va-et-vient de grosses machines et de bennes pour la récolte du raisin. 

vendanges manuelles Michel SEBEChaque nuit où presque, parfois la journée, l’on peut entendre dans nos campagnes, le bruit de cette machine récolteuse, dont les batteurs, font tomber les grappes de raisins sur un tapis mobile, puis un ventilateur élimine la plus grandes parties des feuilles. Ainsi des tonnes de raisins sont chargées  dans une benne direction la coopérative la plus proche.

Pendant ce temps, une poignée d’irréductibles viticulteurs, avec famille, les amis arrivent pour quelques journées de vendanges manuelles. 

vendanges manuelles Michel SEBE7 h du matin, les vendangeurs bénévoles sont au rendez-vous. Tracteur devant et tous derrière… Nous quittons l’asphalte pour emprunter les chemins de terre. Ici, les parcelles de vignes s’étirent à l’infini… Pourquoi des cerisiers ? «  Parce que entre les pieds de vigne, j’ai planté des cerisiers, déclare Michel Sèbe, viticulteur à Corneilhan ; la machine à vendanger ne peut pas passer.Alors, au moment des vendanges, on s’entraide entre petits viticulteurs du Biterrois sur les quelques parcelles où la récolte ne peut se faire que manuellement.  Allez, on y va ! Mesdames, pour vous c’est un  parcours santé qui ne peut que nous faire du bien ! » -  « Tu parles ! » marmonne quelqu’un - « et que dire du mal au dos à la fin de la journée » ajoute un autre. Mais nous n’allons pas en rester là ! Chapeau vissé sur la tête, sécateur en main, sceau de l’autre, la joyeuse bande est fin prête à travailler.

vendanges manuelles Michel SEBEA chacun son rang, toujours les mêmes coupeurs : Marithé, Marie-Reine, Toussainte, Bernard, Serge, Dominique, Michel le patron, les enfants Pierre Olivier, Louis et Raphaël. Francis et Jérôme sont  proclamés « videur de seaux ». La tête « dans le sceau « heu non, aux cœurs du cep de vigne, nous cherchons les grappes cachées dans le feuillage. « Seau plein ! «  et voilà notre Francis qui court toujours après un seau vide contre un seau plein pour le vider dans la benne.  Peu à peu la benne se remplit. Au bout de rangs, Carmen nous invite pour arrêt casse-croûte.  Souffler un peu, s’étirer, pour soulager la douleur du dos. Puis la coupe reprend. La discussion s’anime autour des sujets d ‘une actualité pas très optimiste. Puis au rythme de la coupe, on entend chanter et rire, le nez dans les pieds de vignes pour couper délicatement de belles grappes de raisin. Deux bennes plus tard, débordant de raisins, quittent la parcelle pour la Coopérative de Corneilhan.

vendanges manuelles Michel SEBE13 h, une super macaronade préparée par Carmen la maîtresse de maison, va régaler les vendangeurs. Au cours du repas, Michel Sèbe, raconte toute la difficulté du monde paysan, et des petits viticulteurs  en particuliers qui ne peuvent absolument pas s’en sortir pour « vivre de la vigne » tout simplement. « Même si l ‘épouse travaille en ville. Alors chacun se débrouille, j’ai des ruches qui me donnent un bon miel, de belles cerises à la saison. Mais c’est sans compter sur les caprices de la nature. Avec nostalgie Michel Sèbe évoque le temps où tout le village travaillait pour la viticulture. Il s’y déroulait, il n’y a pas si longtemps encore, la traditionnelle fête des vendanges ». C’était le bon temps des vendanges en famille !

Texte et Photos : Johanna Van Meel-Sauzet

29/08/2015

Fête du Cassoulet, celui d’Etienne, Labastide d’Anjou à Castelnaudary

Ce week-end, de Castelnaudary à Carcassonne, c'est la fête du Cassoulet. La succulence d'un plat qui donne des couleurs aux joues.

cassoulet de castelnaudaryEn cuisine, le Chef Eric Rousselot, mitonne comme personne, le traditionnel cassoulet de Castelnaudary. On y vient de très loin pour s’attabler autour de la « cassole » d’où s’élèvent les parfums qui titillent nos narines et ouvrent notre appétit gourmand. Pour accompagner ce plat, un vin rouge des Corbières Château La Voulte Gaspard 2007.

Quant à l’histoire… Elle raconte que c’est au cours du siège de Castelnaudary pendant la guerre de 100 ans (1337-1453), que fût cuisiné pour la première fois l’ « estofat » aux fèves. Ce plat unique composé de fèves et de viandes diverses devait redonner des forces aux valeureux défenseurs de la ville. L’élevage de canards et d’oies était déjà très important à l’époque et, dès le XVIe siècle, les haricots remplacent les fèves. Ce plat tire son origine de la ville de Castelnaudary.

La « cassole », elle a donné son nom au cassoulet : un plat assez creux en terre cuite allant au four. La création de la « cassole » revient aux potiers d'Issel. Sa forme tronconique, vernissée intérieurement, servait et aujourd’hui encore, à la confection du "Cassoulet de Castelnaudary".
 Ce plat mythique local a tout simplement pris le nom du récipient dans lequel il cuisait.

cassoulet de castelnaudaryLe cassoulet était servi le dimanche, dans chaque famille, et constituait un repas de fête, servi dans la "cassole". Tout le secret, d’un bon cassoulet, réside dans le choix du haricot. Ce doit être un haricot blanc de type lingot ou coco blanc; on utilise le haricot local, celui de Castelnaudary, de Tarbes, de Mazères ou de Lavenet

Quant au salé d'oie ou au confit,   Eric Rousselot précise… « plus il y en a, meilleur sera le cassoulet. On peut y ajouter des légumes de saison. Puis, une gousse d’ail, du lard et des morceaux de couenne sont le secret d’un bouillon onctueux ! D’une région l’autre, de nombreuses recettes ont été élaborées à partir du cassoulet de Castelnaudary ; de Toulouse ou de Carcassonne. Vous avez le choix ! 

Populaire, familial, l'authentique cassoulet de Castelnaudary, est aujourd’hui devenu ce grand met qui fait la fierté de la ville de Castelnaudary. Un plat aujourd’hui connu dans le monde entier.

Informations : Ville de Castelnaudary,La Maison du Cassoulet, la Confrérie du Cassoulet, www.hostellerieetienne.com Il est souhaitable de réserver à l’avance Tel 04 68 60 10 08

La Poterie NOT Frères confectionne de manière traditionnelle « la cassole » Tel : 04.68.23.17.01

 

Texte et Photos Johanna Van Meel-Sauzet